De l’enseignement magistral à l’apprenant acteur : métamorphose des espaces éducatifs

  • Publié le 24 mai 2024
  • PCA-STREAM
  • 10 minutes

Animés par une course à l’attractivité, les campus se muent en vitrines architecturales, rivalisant avec les sièges sociaux des entreprises pour incarner des valeurs nouvelles et attirer les esprits curieux. La forme et la fonction des campus évoluent pour répondre aux besoins changeants de l’enseignement, où la tradition rencontre l’innovation dans un élan vers l’excellence et l’inclusivité. Nous entrons dans une nouvelle ère de l’enseignement supérieur !

Aux origines des campus, des racines helléniques

La forme du campus prend racine aux origines de l’enseignement supérieur. Si Socrate, considéré comme le père de la philosophie occidentale, délivre un enseignement oral au cœur de l’Agora, en pleine ville, son disciple principal, Platon, crée l’Académie en -387 à Colone, dans la banlieue athénienne. Cette école, le jardin platonicien, est volontairement séparée d’Athènes et offre un lieu d’enseignement et de vie, avec des activités de recherche, mais aussi sportives et culturelles. Ancien élève de l’Académie, Aristote fonde lui le Lycée, au nord-est d’Athènes, une école « péripatétique », où il enseigne durant la promenade le long d’une galerie plantée, au sein d’un espace clos comprenant différents bâtiments pédagogiques et une bibliothèque. Athènes compte nombre de ces « jardins » d’enseignement, l’un des plus connu étant celui d’Épicure, juste à la sortie la ville, sur le chemin de l’Académie. L’exemple grec, plus tard réactualisé dans le reste de l’Europe avec la création des académies, montre le rôle central de la figure du jardin dans les origines des espaces d’enseignement, autant sinon plus que les architectures classiques, mais également que le campus nourrit dès sa naissance une relation complexe entre l’agora et le jardin, la ville et la nature.

L’Académie de Platon, Mosaïque, Pompéi

Le modèle anglo-saxon

Les campus modernes apparaissent dans l’Europe médiévale avec la création des premières grandes universités, et notamment les campus anglais d’Oxford et de Cambridge autour du XIIe siècle. Les étudiants sont logés, étudient et se cultivent dans les bibliothèques et musées regroupés sur un même site, calme et agréable. Les bâtiments y sont regroupés sans discontinuités autour d’une cour carrée, construite sur le modèle des cloîtres religieux, selon la typologie dite des « quadrangles ». Le lien avec la nature y est étroit, mais au sein d’un monde clos dédié au savoir, comme protégés du monde extérieur, expliquant l’image élitiste renvoyée par les universités anglaises. Nos représentations mentales des campus sont néanmoins plus largement dominées par l’image du campus américain, très présent dans la culture populaire. Inspirés des campus anglais mais davantage tournés vers la ville, ils incarnent une volonté de rendre accessible la culture qui s’épanouira pleinement dans un nouveau modèle propre, avec la création de l’université de Virginie, conçue par Thomas Jefferson. Le campus de style « jeffersonnien », en pavillons néo-classiques disséminés autour d’un parc offrira un « village académique » modèle de nombre des grandes universités américaines qui le suivront.

Le Trinity Collège, fondé en 1546 à Cambridge

Une réticence française

La France a la particularité d’entretenir des relations ambiguës avec cette forme du campus, qui a tendance à mal y fonctionner comme écosystème d’étude, de vie et de travail, à ne pas créer de dynamique propre, en partie en raison du poids historique et symbolique du Quartier Latin. Comme une ville dans la ville, le quartier concentre une impressionnante densité de grandes écoles au fil du temps, avec notamment l’ajout au XVIIIe d’écoles de sciences et de techniques. Malgré la proximité géographique englobante du quartier latin, les institutions et leurs bâtiments affirment néanmoins leur prestige de manière autonome dans la ville.

Après-guerre, durant la Reconstruction, au-delà des universités détruites par le conflit, comme celle de Caen, la démocratisation des études supérieures, avec l’accroissement des effectifs étudiants de la génération baby-boom, conjugué à l’évolution des pédagogies, conduit à un mouvement de création de campus périurbains. Il est encouragé par les évolutions pédagogiques initiée par la loi Faure de novembre 1968, qui fait suite aux événement de mai, entérinant des réflexions plus anciennes sur la massification et la démocratisation de l’accès aux études supérieures dans l’après-guerre en prônant la pluridisciplinarité, une autonomie renforcée et la participation. Le centre universitaire expérimental de Vincennes représente un extrême emblématique de l’esprit de cette époque.

Ces nouveaux campus font néanmoins face à la persistance du modèle urbain, avec l’adjonction de bâtiments neufs au cœur des bâtiments historiques, et à une stigmatisation précoce en raison de leur localisation et de leur architecture. À Paris même, la tentative de grand campus urbain moderne de Jussieu par Edouart Albert est mal aimé, dans sa dimension brutaliste de béton et son isolement, perçu de façon similaire à un grand ensemble d’un quartier de banlieue déconnecté, comme a pu l’être l’université de Nanterre, initialement enclavée et isolée de la ville l’accueillant.

Les campus français connaissent une succession de plans de développement, au début des années 1990 avec le plan « Université 2000 » – qui conduit notamment à la création de quatre universités dans les villes nouvelles franciliennes d’Evry, Cergy, Saint-Quentin-en-Yveline et Marne-la-Vallée –, puis U3M dans les années 2000, ou Plan campus en 2009. Si des premiers campus péri-urbains de grandes villes, longtemps isolés (Lyon, Bordeaux…) se voient reliés au métro ou au tram, ils restent dans l’ensemble peu vivants, et le déplacement en banlieue reste vécu comme un déclassement. La désillusion touchant ces campus modernes semble parallèle à celle des grands ensembles, notamment dans les villes nouvelles, pour des raisons similaires : recours à des systèmes de préfabrication peu qualitatifs, au béton, manque d’espaces verts, d’aménités et d’urbanité au sens large. Ces campus laissent un patrimoine moderniste à repenser, avec des problématiques rejoignant la question de l’adaptation-préservation du patrimoine du XXe siècle, avec des bâtiments souvent mal aimés, même quand ils présentent des qualités formelles d’écriture, mais surtout devenus inadaptés en termes d’usages comme de performances énergétiques.

Vue du site des chênes de CY Cergy Paris Université

Saclay et Condorcet : nouveaux horizons des campus scientifiques

Lancé en 2009 et encore en construction, l’immense campus scientifique du plateau de Saclay est pensé comme une réponse à ses homologues anglo-saxons, avantagés par leur taille au classement international de Shanghaï, avec l’ambition de créer un écosystème mixte de recherche et d’innovation dans l’esprit d’une « Sillicon Valley » à la française.

Saclay réunit les cinq facultés de l’ex-université Paris-Sud, une école d’ingénieurs, quatre grandes écoles, trois instituts universitaires technologiques, deux universités intégrées et sept organismes nationaux de recherche, mais le plateau reste scindé en deux pôles, Paris-Saclay « vs » Polytechnique, et encore vécu comme éloigné et manquant de vie. Si Pierre Veltz, ancien président de cet établissement public estimait que la réussite à long terme du projet passerait autant par les résultats académiques que la présence de cafés et commerces, il reste des progrès à réaliser. La faute à des bâtiments conçus indépendamment, isolés et, comme les institutions, dialoguant peu entre eux, sans créer d’espace public. L’espace physique du campus échoue encore à y créer un esprit commun. Symptomatiquement, l’université a été placée au début 2024 sous administration provisoire, faute d’avoir réussi à voter sur sa gouvernance, en raison notamment de divergences avec les tenants d’un modèle « fédéral » entre écoles.

Comme en miroir, le campus Condorcet, à Aubervilliers en Seine-Saint-Denis, ambitionne de devenir le « Saclay des sciences sociales » en fédérant onze établissements parisiens de recherche en sciences humaines sur une ancienne friche industrielle. L’objectif est de contribuer au rayonnement des sciences sociales françaises, qui ont connu une heure de gloire dans les années 1970, en les décloisonnant et en favorisant la sérendipité et la proximité entre les laboratoires. Le campus regroupe une grande bibliothèque, une librairie et un café ouvert sur la rue, mais aussi des espaces de travail et de convivialités jouant sur l’intérieur-extérieur, en créant de l’espace public. Il est encore complété par le GED, le Grand Équipement Documentaire, imaginé pour faire le lien entre les différents établissements de recherche mais aussi avec le tissu local et sa population historiquement populaire.

L’inscription territoriale et la dynamique de vie restent le défi de ce nouveau campus, qui a de façon symptomatique initialement connu une fronde de professeurs de l’EHESS et de la Sorbonne, pour qui ce déplacement équivalait à une forme connue de déclassement universitaire. Le contexte semble néanmoins éloigné des logiques précédentes d’exurbanisation, au sens où un campus comme Condorcet porte les espoirs et la dynamique du Grand Paris, dont il a été pensé comme une vitrine. Pour Saclay comme Condorcet, nous sommes face à une nouvelle génération de campus qui voit une évolution du paradigme de la périphérie à celui d’une nouvelle centralité plus large, mais aussi par un changement de référent, en partageant une communauté de destin moins avec le modèle du grand ensemble qu’avec celui des espaces de travail innovants.

Diaporama : Campus de l’Université Paris-Saclay, plateau de Moulon, Renzo Piano Building Workshop architecte par Michel Denancé photographe

Campus et entreprises : concurrence et innovation

Les établissements d’enseignement supérieurs partagent désormais avec les entreprises des enjeux de concurrence, tant économiques que scientifiques, pour attirer leurs clients/étudiants, de même que les entreprises luttent pour attirer les talents, dans un contexte de concurrence internationale des formations, soulignée par les classements nationaux et internationaux.

Le campus prend une place centrale pour l’attractivité des établissements, poussant vers une architecture iconique, à l’image des sièges sociaux des entreprises, dont la dimension symbolique d’incarnation des valeurs est devenue centrale. L’enjeu est d’imaginer des espaces hybrides, articulant physique et digital, dans des bâtiments offrant une véritable expérience. « Instagrammable », le campus cherche à faire signe, à développer une image de marque, à incarner des valeurs et créer un sentiment de fierté et de communauté. Il est intéressant de constater que l’université PSLGroupement universitaire réunissant 11 établissements : Collège de France, Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique – PSL, École nationale des chartes – PSL, École nationale supérieure de Chimie de Paris – PSL, École nationale supérieure des Mines de Paris – PSL, École normale supérieure – PSL, École Pratique des Hautes Études – PSL, ESPCI Paris – PSL, Institut Curie, Observatoire de Paris – PSL, Paris-Dauphine – PSL– fondée en 2010, Grand établissement depuis 2022 – qui réunit les établissements majeurs du quartier latin, manque encore d’un lieu d’incarnation unique à la hauteur de son prestige académique, alors même que l’ambition originelle était de renforcer la visibilité internationale de ces établissements.

Les frontières entre l’entreprise et l’école, mais aussi entre le professeur, l’étudiant et le professionnel deviennent poreuses. Ces parcours discontinus sont le reflet d’une évolution du profil et des attentes d’une nouvelle génération. L’étudiant devient un apprenant qui ne reçoit plus un savoir magistral mais devient acteur de son apprentissage. La logique du on demand, devenue la norme de la consommation culturelle, est transposée au contenu pédagogique pour personnaliser les parcours d’apprentissage. Or les espaces traditionnels d’enseignement ont été pensés pour la transmission du savoir selon un modèle vertical, où le professeur sachant inculque un savoir à un apprenant sur les bases d’une relation hiérarchique. L’espace éducatif doit s’adapter à cette mutation. Repenser la forme et la place du campus offre à ce titre des opportunités d’articuler le vertical de la salle de classe ou de l’amphithéâtre, à l’horizontal du social et de l’informel.

Au-delà de son potentiel de flexibilité, le campus doit créer des porosités nouvelles avec la société via des incubateurs, des centres d’innovations, learning center et autres espaces mixtes plus ouverts sur la ville et les entreprises. Situé au centre du campus de l’École polytechnique de Lausanne, le Rolex Learning Center est ainsi tout à la fois un espace dédié à la connaissance, une bibliothèque et un lieu d’échanges culturels. Il est ouvert aussi bien aux étudiants qu’au public, leur offrant services, bibliothèques, centres d’information, lieux d’études, restaurants, cafés et extérieurs de qualité. Aalto university, en Finlande, a de son côté créer une « université de l’innovation » en fusionnant trois institutions (une école de design, d’ingénieur, et une business school) et en les faisant migrer vers un campus unique, financé par des fonds publics et privés, où sont favorisés les cursus transdisciplinaires, l’esprit entrepreneurial et l’apprentissage par le prototypage. Nous voyons enfin apparaître des modèles résolument hybrides comme l’IXcampus, qui héberge CY école de design à Saint-Germain-en-Laye, autour du parc du Château Saint-Leger, en parallèle d’un écosystème de start up.

Répondre au défi environnemental

Avec le changement climatique, les établissements d’enseignement supérieur doivent enfin former de nouvelles générations responsables. Les étudiants veulent contribuer à un monde meilleur et attendent de leurs écoles de les préparer à un métier en accord avec leurs convictions. C’est un enjeu existentiel pour les établissements d’enseignement supérieur, qui doivent répondre à ces attentes s’ils souhaitent rester attractifs. L’architecture ayant toujours une fonction pédagogique, l’espace lui-même doit participer au corpus d’enseignement environnemental. À l’intérieur comme à l’extérieur, le campus offre des possibilités d’apprentissage sur le monde naturel : la conception des bâtiments informe sur les manières d’utiliser les ressources, tandis que le rapport à la nature des campus peut être mis au cœur de l’expérience, comme lieu de vie, d’enseignement et d’expérience directe d’un rapport au vivant. Le nouveau campus de l’Artillerie, qui accueille SciencesPo en plein cœur de Paris, prenant le parti de la mixité et de l’intensité urbaine, comprend un pavillon iconique dédié à la vie sociale, mais également un « jardin des savoirs » et différentes cours réactivant la figure du jardin athénien. Sur le Campus Condorcet, le projet de nouveaux bâtiments initialement prévus en empiétant sur les espaces verts du site a suscité une levée de bouclier chez les chercheurs et étudiants, qui ont mis en avant l’importance de ces réserves de biodiversité devenues des lieux de convivialité pour les usagers du campus comme pour la population du quartier, d’autant plus sur un territoire défavorisé et historiquement particulièrement minéral.

Une des clés de l’adaptation des campus repose ainsi sur un nouveau paradigme des usages, dans l’esprit des espaces de travail contemporains, mais aussi sur une relecture de la dialectique originelle entre agora et jardin. La figure du campus peut compter sur une échelle, une typologie et une unité de lieu qui font sa force, à mi-chemin entre le bâti, l’urbain et l’espace naturel. C’est le cas du projet CY campus, ancienne université de Cergy Pontoise, qui cherche à renforcer l’effet de campus au sein de la ville, qui souffre de sa dimension ville nouvelle, en raison d’un manque de centralité. Refondation universitaire et régénération urbaine sont ici pensés conjointement. Le projet repose sur un travail d’articulation des établissements disséminés et d’amélioration de leur intégration à la ville, mais aussi de renforcement de la qualité de vie, en utilisant la trame des 8 hectares du parc François-Mitterrand comme axe structurant. Ces différentes initiatives sont le signe d’un mouvement général invitant à dépasser la dichotomie traditionnelle entre campus urbain et campus jardin en hybridant les figures de l’agora et du jardin.

 

 

François Collet, Directeur éditorial chez PCA-STREAM

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