Alors que le vivant se dessine chaque jour davantage comme l’horizon conceptuel de la production urbaine, la philosophe Chris Younès analyse les dynamiques d’une architecture des milieux. Biotopes comme architectures, les milieux sont le produit des interactions qui les constituent et les transforment sans cesse. La pensée des milieux permet ainsi de mettre l’accent sur « l’entre », chaque métabolisme étant à la fois auto-organisé et poreux, dans un système de relations. Elle insiste ainsi sur la fécondité des « reliances » ville-nature comme condition d’une refondation symbolique des milieux urbains par davantage de coexistence avec la nature. Développer les capacités de résilience des milieux urbains exige de ne plus s’affranchir du milieu, à l’instar de la pensée moderne, mais de le comprendre et d’établir avec lui des alliances visant à le révéler, le ménager et le revivifier. Naissent ainsi de nouvelles façons de penser et de faire pour « renaturer » l’architecture et la ville.